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L’évêque du Puy sévèrement dressé contre le droit à l'aide à mourir

Par nicolas@zoomdici.com , Mise à jour le 21/01/2026 à 16:30

Lors des vœux d'Yves Baumgarten partagés à la presse mercredi 21 janvier, plusieurs sujets ont été abordés par l'évêque du Puy-en-Velay. L'un qui a suscité le plus de remous a concerné la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir adoptée par l’Assemblée nationale et mise à présent entre les mains des sénateurs.

La proposition de loi sur la fin de vie entame son parcours législatif en commission au Sénat avec 4 mois de retard. L’examen de deux textes en commission était à l’origine prévu le 24 septembre dernier. Mais la session extraordinaire ouverte le 8 septembre s’était vite refermée avec la chute du gouvernement Bayrou, de quoi faire craindre à gauche un risque d’enlisement. Mais non...

Le 16 janvier, l'Archevêque de Lyon, Olivier de Germay, a publié un texte s'opposant totalement à la mise en place législative de l'euthanasie en France, préférant plutôt un développement des soins palliatifs.

"L’heure est venue de proposer à nos concitoyens autre chose que cet individualisme mortifère qui fragilise la cohésion sociale", résume-t-il. Avant de conclure ainsi : "Alors que la violence et la mort provoquée se banalisent, il est urgent de rappeler le caractère sacré de la vie humaine".

"C'est la vie qui doit être défendue. Pas la mort"

C'est dans la même lignée que Monseigneur Yves Baumgarten, plus haute autorité catholique de la Haute-Loire, s'est exprimé durant ses vœux, ce mercredi 21 janvier. "Pour moi, la loi sur la fin de vie est une idée douloureuse", souligne-t-il.

Il poursuit en ces mots : "Pour moi, il n'y pas de droit à mourir mais un droit à vivre. C'est la vie qui doit être défendue. Pas la mort".

"Pourquoi aller plus loin encore ?"

L'évêque du Puy-en-Velay concède que les soins palliatifs ne sont pas suffisamment mis en œuvre sur l'ensemble du territoire français. "Nous avons la loi Claeys-Leonetti, modifiée de surcroît en 2016, qui ouvre déjà grand la porte vers la mort par le biais de la sédation profonde et continue. Pourquoi aller plus loin encore ?"

"Est-ce que la société doit mettre sur un pied d'égalité la vie et la mort ? S'il n'y a pas le primat de la vie, quel signal lance-t-on à la société ? Le signal doit être un signal de vie et non pas de mort". Yves Baumgarten

"Si tu as envie de mourir, tu meurs"

Zoomdici lui fait tout de même remarquer que les sondages démontrent la part très importante des français à pouvoir accéder à l’euthanasie ou au suicide assisté. "Les sondages restent des sondages, rétorque l'évêque. On ne peut pas raisonner en utilisant un cas extrême pour en générer ensuite une loi générale. Ce n'est ni logique, ni cohérent".

Il continue : "Dans notre pays, l'histoire montre que des lois très restrictives à la base évoluent souvent en prenant un spectre de plus en plus large. Si un jeune en bonne santé souhaite en finir avec sa vie car il traverse une peine de cœur ponctuelle, on lui dira quoi ? Si tu as envie de mourir, tu meurs ? Est-ce que c'est vraiment ce genre de proposition que l'on doit faire à notre société ?"

92 % des français approuvent l'application de cette loi

Selon un sondage Ifop réalisé au mois de mai 2024, "plus de neuf Français sur dix se déclarent favorables à l’euthanasie lorsque le patient, atteint d’une maladie insupportable et incurable, en formule la demande. Cette quasi-unanimité est partagée par les Français peu importe leur orientation politique".

Sur le recours au suicide assisté, c’est-à-dire l’autorisation pour les personnes souffrant de maladies incurables de s’administrer un produit létal sous la supervision d’un médecin, 89 % des Français approuvent l’autorisation de cette pratique.

L’enquête menée auprès d’un échantillon de 2 527 personnes majeures révèle que ce droit à mourir est un choix de plus en plus soutenu au fil des années. "On note que la favorabilité des Français à la légalisation de l’euthanasie connaît quelques variations à travers les années, de 88 % en 2001, elle atteint 96 % en 2024", est-il ainsi indiqué. 

 

 

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