A travers un post Facebook, le sénateur Laurent Duplomb exprime son désaccord au Mercosur. Ci-dessous, le texte intégral de sa pensée :
Mercosur : lâcheté et hypocrisie à la française !"
Digne de la fable de La Fontaine « La Chauve-souris et les deux belettes » ; - Aux uns il expliquera : « Je suis un oiseau européen du commerce libre. ». - Aux autres, il assurera : « Moi, un oiseau ? Jamais. Je suis une souris verte de l’agriculture. » Le Président Macron en chauve-souris de Monsieur de La Fontaine, aura tenté par tous les moyens d’échapper aux deux belettes. L’une favorable à signer l’accord, l’autre refusant tout accord.
La morale de cette histoire se déroule malheureusement sous nos yeux. Chronique depuis 2017 d’une « chauve-souris politique », devenue presque caricaturale, qui n’aura abouti qu’à fragiliser la position de la France. À force de vouloir plaire à tout le monde, on finit par ne convaincre personne, et par perdre toute crédibilité.
La lâcheté de cette posture, jamais totalement pour, ni jamais vraiment contre, a empêché toute construction d’un rapport de force solide avec la Commission européenne.
Le résultat est dramatique pour la France affaiblie et incapable de protéger ses intérêts agricoles. La voix de ce Président ne porte tellement plus, que même ce dernier et ultime revirement d’un vote d’opposition n’aura même plus aucune conséquence, puisqu’au final, le Traité sera bel et bien ratifié entre l’Union Européenne et le Mercosur… peu importe ce qu’en dit la France !
Tout cela serait seulement triste si la véritable raison n’était pas encore plus dramatique, car oui, la France par ses surtranspositions massives, sa suradministration tatillonne, ses contraintes et entraves multiples, n’auront que concouru à affaiblir l’agriculture française bien plus que celle de nos partenaires européens.
Entrainant colère et incompréhension des agriculteurs car livrés à une concurrence totalement déloyale, bien pire que nos partenaires européens car tout simplement organisée par la France elle-même. Est-il besoin de rappeler que cet accord est inéquitable vis-à-vis des producteurs français : - 150 molécules sont autorisées au Brésil alors qu’elles sont interdites en Europe et en France.
De plus, la France ajoute des surtranspositions qui pénalisent encore plus les agriculteurs français par rapport aux autres européens, l’acétamipride en est un exemple criant !
Nos élevages comptent 60 bovins par exploitant en moyenne, quand les feed-lots du Mercosur en regroupent des dizaines de milliers, sans aucune traçabilité individuelle, ou l’utilisation d’hormones et d’activateurs de croissance interdits chez nous est autorisé chez eux.
Comment ne pas comprendre en France, qu’imposer toujours plus de normes, d’exigences environnementales, d’interdire de plus en plus de molécules, nous condamnent à perdre toute compétitivité et abouti inexorablement à ouvrir grand les portes à des importations comme celle du Mercosur qui ne respectent rien de tout cela ?
Cette distorsion de concurrence institutionnalisée, politisée se traduit aujourd’hui par un résultat totalement inacceptable et une hypocrisie bien française !
Oui, pour la première fois depuis plus de 50 ans, la balance commerciale agroalimentaire française de 2025 sera déficitaire ! C’est déjà le cas, à fin octobre 2025 avec - 263 millions d’euros, et devrait atteindre - 1 milliard à fin décembre ! Alors que pendant ce temps-là, l’Espagne (pays semi-désertique), affiche 17,8 milliards d’euros d’excédent à fin octobre.
Et oui, le vrai problème français est le sacrifice de notre compétitivité ! La France compte 9500 normes agroécologiques, assorties de contrôles incessants ! Notre suradministration normative coûte 22 fois plus cher qu’en Allemagne : 4 % du PIB contre 0,16 % Outre-Rhin, soit un coût de nos normes de près de 120 milliards d’euros, que nous faisons peser à tout acte de production.
Tant que nous ne traiterons pas cette racine du mal, nous continuerons de décliner et de voir l’agriculture française disparaître ! *Le pays importe plus de produits agricoles que ce qu’il n’en exporte.