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PLU à Saint-Germain-Laprade : le ton monte

, Mise à jour le 10/05/2024 à 06:00

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) en cours de révision à Saint-Germain-Laprade n'est pas du gout de tout le monde. Du 12 au 17 mai, l’enquête publique obligatoire pour les modifications de ce plan sera ouverte. Ceux étant opposés au projet, notamment à Fay-la-Triouleyre, pourront faire part de leurs mécontentements.

La révision de ce PLU définira les perspectives de Saint-Germain-Laprade pour une période de 10 ans.

Plan local d'urbanisme ?

Le PLU est un document d'urbanisme qui traduit un projet global d'aménagement et d'urbanisme et fixe en conséquence les règles d'aménagement et d'utilisation des sols.

La commune, préparant cette révision depuis 2021, se heurte récemment à des oppositions. Une banderole a été déposée à Fay-la-Triouleyre (commune de Saint-Germain-Laprade) près du parking covoiturage de la RN88 le week-end du 5 mai. Sur celle-ci, on peut lire : « Non au PLU à Fay ».

Quatre opérations d’aménagements prévues à Fay-la-Triouleyre :

Trois concernent le logement locatif social : « La commune s’engage à respecter la loi », indique Guy Chapelle, le maire de Saint-Germain-Laprade. Celle-ci stipule que le taux de logements sociaux doit être de minimum 20 %, dans une commune de plus de 3 500 habitants (3 528 en 2021 pour Saint-Germain-Laprade selon l’Internaute).

La révision du PLU participe au développement de ce taux, qui est actuellement de 4,7 % à Saint-Germain-Laprade, soit bien en dessous du taux demandé. La commune paie chaque année une somme en guise de pénalité pour son manque de logements sociaux : 380 000 euros par an sont à reverser à l’État. « Les coûts d’investissement en direction du logement locatif social de l’année N-2 peuvent être déduits », précise Guy Chapelle.

Pour l’année 2023, l'investissement dans le locatif a permis une déduction importante, le coût net est donc passé de 380 000 euros à 25 000 euros. Pour l’année 2024, il pourrait descendre jusqu’à 16 000 euros.

La quatrième opération d’aménagement à Fay-la-Triouleyre cible « l’équipement, pour les commerces de proximité », indique le maire de la ville.

« Des mesures prises dans le dos d'une partie de la population »

La construction de logements sociaux reste donc la priorité de la commune. L’habitant de Fay-la-Triouleyre ayant déposé la pancarte au bord de la RN88,  estime que le problème avec le PLU reste « que des mesures ont été prises dans le dos d’une partie de la population ». Le nouveau plan avait pourtant été « présenté lors de conseils municipaux et communiqué sur les réseaux », affirme Guy Chapelle, le maire de Saint-Germain-Laprade qui se défend « Tout est en ligne, nous n’avons rien caché ».

« Certains habitants ne le découvrent que récemment en ligne. Ni les riverains, ni les propriétaires ont été informés. On dit non au PLU pour un manque de transparence », lance l’auteur de la pancarte. Il continue : « Pour s’exprimer, il faut avoir les informations, et nous avons plus de 1 000 pages de documents à lire en un mois. » Les habitants concernés par ce zonage se sont réunis ce vendredi 3 mai à la salle de l’Assemblée du village « pour décortiquer la masse de documents difficile à comprendre. » Une inquiétude née aussi par rapport à la qualité de vie du quartier résidentiel, « qui sera impacté par de nouvelles nuisances sonores. » selon eux.

Chacun doit donner son avis

Une « prolongation de l’enquête publique pour bénéficier de plus de temps pour consulter les différents dossiers » a été demandée par ces habitants. Du 12 au 17 mai, « l’enquêteur, neutre, sera là pour donner son avis », indique le maire de la ville. 

D’autres collectivités ont également donné leur point de vue. « Aucune commune aux alentours n’a donné un avis défavorable » indique Guy Chapelle, se référant aux aménagements prévus avec la révision du PLU. La Chambre de l'Agriculture, a quant à elle, émit un avis défavorable considérant que ce projet « limitait l'activité agricole. »

Une commune bloquée entre deux dynamiques

« Je comprends la colère de certains propriétaires, quand ils apprennent que leurs terrains ne sont plus constructibles », indique le maire, mais la ville de Saint-Germain-Laprade se retrouve bloquée entre deux dynamiques. « On doit à la fois réduire le foncier à bâtir, et à la fois faire construire, en étant poussé par l’agglomération, notamment pour la zone d’activité » exprime-t-il.

 

Marie Gardès