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En Haute-Loire, les vendeurs de tabac ont le souffle doublement coupé

, Mise à jour le 13/01/2014 à 17:28

Les buralistes de Haute-Loire sont en recherche d'oxygène : d'un côté le prix du tabac a augmenté ce lundi 13 janvier, fragilisant encore un peu plus la profession, de l'autre, une grève de l’unique distributeur national paralyse l'approvisionnement.

"Ca ne fait que renforcer le marché parallèle"
L'énième augmentation du tabac, en vigueur depuis ce lundi matin, est de 20 centimes d'euro par paquet de cigarettes, quelle que soit la marque, et de 40 à 50 centimes d'euro pour un paquet de tabac à rouler. « Chez la plupart des clients, on sent une lassitude, ils en ont marre. Au bout d'un moment, encore plus de monde ira s'approvisionner ailleurs, ça ne fait que renforcer le marché parallèle », nous a confié Martine Jouve, présidente de la chambre syndicale des buralistes de Haute-Loire. Un paquet de cigarettes à sept euros, c’est tout simplement aberrant pour la propriétaire du bar-tabac « Le Cyrano ». Un nouveau coup de massue pour un secteur qui voit déjà ses chiffres de vente baisser. Selon la présidente des buralistes, ce n’est que très peu lié à l’apparition de la cigarette électronique : « Les gens continuent à utiliser les deux, ce n'est pas une bonne technique pour arrêter de fumer. La baisse des ventes est plutôt liée à la hausse des achats sur Internet ou en Espagne. »

Une hausse jugée inutile
Pour Audrey Jolivet, animatrice de prévention à l'Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addiction 43, cette nouvelle hausse ne va pas contrer les fumeurs dans leur addiction :

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Trois tabacs du Puy contraints de fermer
Et comme un malheur ne vient jamais seul, le monde du tabac a reçu une deuxième claque cette semaine : le distributeur national des bureaux de tabac français, Logista, est en grève depuis une semaine en raisons de revendications portant sur les NAO (Négociations Annuelles Obligatoires). Par conséquent, les buralistes de Haute-Loire, au même titre que leurs homologues hexagonaux, ne sont plus livrés en tabac depuis une semaine. Martine Jouve est, par exemple, livrée tous les quinze jours. A chaque fois, au moment de recevoir la marchandise, son stock est quasiment épuisé. Autrement dit, comme beaucoup d’autres, elle ne devrait plus avoir de tabac à vendre d'ici la fin de la semaine. « A ma connaissance, déjà trois établissements du bassin du Puy-en-Velay [sur 19, ndlr] ont baissé le rideau en fin de semaine dernière, faute de marchandise à épuiser », nous a-t-elle précisé. Les magazines et journaux ne suffisent pas à maintenir le commerce : la vente de tabac représente la grande majorité du chiffre d'affaire des buralistes, qui ne peuvent pas maintenir leur activité avec la seule vente de la presse.

----Près de 40 % du tabac proviendrait du marché parrallèle
La méthode du ramasse paquets consiste à collecter les paquets de cigarettes vides sur la voie publique, afin de déterminer le poids du marché parrallèle du tabac dans différents territoires. C'est la société suisse MSIntelligence qui s'en charge. En juillet dernier, 11 500 paquets ont été récoltés dans 118 villes, dont Aurillac, assez proche du Puy et qui n'est également pas une ville frontalière... Sur l'ensemble des paquets ramassés, 39 % n'avaient pas été achetés chez un buraliste français...-----Une seule solution pour s'approvisionner
« Une semaine de décalage pour les livraisons, c'est énorme pour le monde du tabac. » Reste une solution pour les buralistes altiligériens : aller directement et personnellement à Lyon pour réceptionner la marchandise dans les locaux de Logista. Une alternative guère envisageable car elle contraint l'établissement à fermer ses portes pendant ce temps, sans compter le coût du transport, etc. « Même en arrivant à 8h, il y a au moins 150 voitures de professionnels qui font la queue pour s'approvisionner », témoigne-t-elle.

"Les clients croient que ce sont nous qui avons mal géré nos stocks !"
La présidente de la chambre syndicale des buralistes de Haute-Loire craint un effet boule de neige car, petit à petit, l'ensemble des buralistes risquent d'être contraints de fermer, n'ayant plus de tabac à proposer à ses clients. « La grève, on ne sait pas vraiment quand elle va s'arrêter, mais on sait que ce mardi 14 janvier, une nouvelle réunion est prévue entre syndicats et direction. » Les gens n’étant pas au courant de ce mouvement social, c'est sur les buralistes que retombent les reproches : « Les clients croient que ce sont nous qui avons mal géré nos stocks ! »

Le monde du tabac a donc, lui aussi, les deux poumons obstrués.

A.L., M.P. et A.P.

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