Laurent Duplomb opposé à la loi relative à la fin de vie

Par Nicolas DEFAY , Mise à jour le 27/01/2026 à 06:00

Temps de lecture : 4 minutes

Laurent Duplomb, sénateur de la Haute-Loire, s'exprime au sujet de "la loi au droit à l'aide à mourir", autrement dit l'euthanasie ou le suicide assisté. Après que le texte ait été adopté à l'Assemblée nationale, il est à présent entre les mains des 348 sénateurs. "Je ne soutiendrai pas le texte sur l’aide à mourir", partage le sénateur LR. (...) "Car la mort ne peut être considérée comme un soin."

À travers un communiqué, Laurent Duplomb, sénateur LR de la Haute-Loire, a confié sa vision des choses à propos d'une des plus grandes questions sociétales de notre époque : légiférer ou pas l'aide à mourir en France comme le font déjà de nombreux voisins tels que la Suisse ou la Belgique ?

De cette question, pléthore d'autres réflexions s'en décantent alors. Comment établir les critères pour qu'une personne accède à cette aide à mourir ? Qui a appuiera sur la seringue ? Qui peut décider du sort de la personne en question si cette dernière n'est pas consciente ? Doit-on établir une liste de conditions, une liste de maladies, un degré de mal-être, pour cocher toutes les cases ?... 

Complexe et générateur de bien des conséquences est ce projet de loi. D'après les sondages, une très large majorité de français souhaite l'application de l'euthanasie ou du suicide assisté, en cas de maladies à l'issue fatale ou de conditions de vie très lourde à l'instar de la tétraplégie. 

À contre-courant de l'opinion publique, Laurent Duplomb se pose en défenseur des soins palliatifs, opposé radicalement à l'aide à mourir. "Je ne soutiendrai pas le texte, car je suis convaincu d’une chose simple et fondamentale : la mort ne peut être considérée comme un soin. Elle ne relève ni de la médecine, ni de la solidarité nationale", soutient-il.

"Je veux remercier François Bayrou"

Le sénateur poursuit en ces mots : "Je veux remercier François Bayrou. En séparant le texte en deux blocs, sur les soins palliatifs de celui sur la fin de vie, il a mis fin à un chantage odieux qui m’obligeait à voter contre l’ensemble, alors même que je suis profondément favorable au développement des soins palliatifs. Cette clarification était indispensable, et elle honore le débat démocratique".

"Le choix de mon positionnement n’a pourtant pas été simple. Il a même été l’un des plus difficiles de mon mandat. Car mon opposition à ce texte est aussi liée à une expérience familiale intime, qui m’a profondément marquée". Laurent Duplomb

"Le projet de loi de l’Assemblée nationale, tel qu’il est arrivé au Sénat, était pour moi aux antipodes de mes convictions, affirme-t-il. J’y suis opposé sans ambiguïté".

"Je refuse que la société ouvre une brèche qui pourrait fragiliser les plus vulnérables"

Le parlementaire continue : "C’est précisément pour ne pas affaiblir cette stratégie que je choisis de ne pas prendre part au vote sur les différents articles, tout au long du texte. Je ne veux pas voter contre les améliorations apportées par mes collègues sénateurs, même si le fond du texte demeure, pour moi, inacceptable".

"Dans le désarroi, certains pourraient être amenés à choisir de mettre fin à leurs jours, non par liberté, mais par résignation". Laurent Duplomb

Avant de souligner : "Mais au moment du vote final, je ne peux me résoudre à autre chose qu’à exprimer clairement ma position. Je voterai contre ce texte. Car je refuse cette idée folle qui consiste à faire de l’administration de la mort une forme de soin. Je refuse que la société ouvre une brèche qui pourrait fragiliser les plus vulnérables, faire peser sur les personnes âgées, malades ou dépendantes une pression insidieuse : celle de ne plus être une charge."

"La Fraternité n’est pas un mot décoratif "

Pour Laurent Duplomb, le texte est un camouflet aux valeurs de la République française, en particulier à celui de la Fraternité. "Il est essentiel de rappeler que cette valeur n’a pas toujours figuré dans notre devise. Elle n’y apparaît qu’en 1849, après les soubresauts de l’Histoire, comme une réponse à l’aspiration profonde du peuple à une société plus humaine, plus solidaire. La Fraternité n’est pas un mot décoratif : elle est le cœur battant de notre pacte républicain avec la liberté et l’égalité".

"C’est donc en conscience (...) et avec le sens que je me fais de l’Histoire, que je m’opposerai à ce texte"

En guise de conclusion, l'homme politique altiligérien termine en réaffirmant clairement sa position. "Je sais que ma voix contre le texte du Sénat pourra s’additionner à celles de ceux qui au contraire souhaitent le faire tomber pour rétablir le texte initial de l’Assemblée nationale. Je le regrette. Mais il existe des limites que l’on ne franchit pas. C’est donc en conscience, avec fidélité à mes convictions, et avec le sens que je me fais de l’Histoire, que je m’opposerai à ce texte".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Vos commentaires

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14 commentaires

mar 27/01/2026 - 20:58

Il apparait important de changer le système d'élection des sénatoriales afin que ce soit tous les électeurs qui les désignent. Cela éviterait peut-être d'avoir ce genre d'individu. 

mar 27/01/2026 - 19:41

Deux choses.

1 On oppose la mort à la vie alors qu'elle s'oppose à la naissance. La naissance et la mort des individus produisent la vie sur terre. C'est pour cela que la reproduction existe et donc perpétue la vie.

2 Ah ! La Fraternité. Laissez-moi rire ! Avec son homonyme que font-ils des migrants travailleurs sans relâche ?

mar 27/01/2026 - 18:01

On est bien dans un pays de liberté non ? alors LAISSEZ NOUS décider de notre fin de vie (avec des gardes fou bien-sur).

Discutez avec des personnes qui sont confrontés à cela et je vous souhaite, pour ceux qui disent non, de n'avoir JAMAIS à être confronté à leurs situations.

Dire qu'il faut aller à l'étranger pour pouvoir y avoir droit !  inadmissible.

 

mar 27/01/2026 - 13:58

Très drôle cette ode à la fraternité par ce sénateur qui n'est qu'un lobbyiste cynique.

mar 27/01/2026 - 12:14

Très facile de dire non lorsque on a pas subit la souffrance et Très facile de dire oui quand  on a la santé et un très gros salaire avantageux. Politique pourri.

mar 27/01/2026 - 11:44

Oui  à la fin de vie avec les pesticides  !!!

Les sénatoriales c'est bientôt. S'il vous plait mesdames, messieurs les grands électeurs il est grand temps de mettre fin à ce désastreux mandat

mar 27/01/2026 - 10:12

Simple posture politique ! Urgence de référendum !

mar 27/01/2026 - 09:49

pas besoin de loi sélective, les pesticides auront raison de notre santé grace à ce monsieur inconscient !!!!

mar 27/01/2026 - 09:35

Ce sénateur enfourche les grands principes de la république ,de la révolution et de l'humanité ; c'est tout à son honneur, mais on l'a connu beaucoup moins sourcilleux quand il s'agissait du respect des lois  et de leur contrôle, de la santé publique (l'acétamipride pour tous) et des injustices économiques (l'industrie agroalimentaire). Comme l'évêque  du Puy , il fait passer les grands principes avant les personnes : le respect de la vie, de la naissance (de la conception, pour certains) à la mort. En Belgique, ou en Suisse on ne voit pas de vague d'extermination, comme annoncée en France.

mar 27/01/2026 - 08:38

Je ne dis pas que la mort doit devenir une solution. Je dis que la souffrance extrême existe, qu’elle broie les corps et les âmes, et que laisser une personne sans choix possible peut être une violence de plus. Défendre la possibilité d’un accompagnement en fin de vie, ce n’est pas nier la valeur de la vie. C’est reconnaître que la dignité peut aussi résider dans la manière de partir.

 

Mon désarroi vient de là : du souvenir de ma femme, de ce que nous avons traversé, et de la conviction que ce débat devrait toujours commencer par l’écoute de celles et ceux qui ont vécu l’insoutenable.

mar 27/01/2026 - 07:56

Vous dites avoir vécu une expérience traumatisante ,j ai vécu aussi une expérience celle de voir un proche supplier que ça s arrête. Laisser le choix à la personne en souffrance qui aura décider par ecrit ou oralement de se que veut être sa fin de vie.

Je pense que se n est pas aux politiques de décider mais un référendum serait beaucoup plus respectueux  en prenant enfin en compte l avis de la population. 

Lorsque l on voit les sondages ou la majorité de la population souhaite cette loi ,à quoi servent nos politiques. 

mar 27/01/2026 - 07:46

C'est une fake news? J'ai lu partout que ce monsieur veut autoriser les pesticides et aurrs produits phytosanitaires qui nous aident pourtant à mourir non?

mar 27/01/2026 - 07:14

Il doit penser qu'il s'agit de la fin de vie de son mandat 

mar 27/01/2026 - 06:55

evidemment manquait l'avis du phare de notre politique locale en quoi la fin de vie est elle comparable a un soin ? Les personnes concernées ne vont pas subitement envahir les hopitaux. Que faire quand il n'y a plus rien a faire jouer les hyppocrites à coup de drogues anesthésiantes au titre de la fraternité ou laisser souffrir en vain au nom de principes dépassés . Soyons sérieux il ne vas y avoir la déferlante d'autant que l'avis des médecins comptera

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