Les jeunes face à la précarité énergétique

, Mise à jour le 20/12/2025 à 06:00

Temps de lecture : 4 minutes

La précarité énergétique fait désormais partie du quotidien de millions de Français. Obligés d'user d'ingéniosité et d’astuce pour se chauffer et payer ses factures, les jeunes figurent pourtant parmi les premiers concernés.

Factures qui explosent, logements mal isolés, se chauffer et se nourrir, telle est la question… derrière les chiffres, c’est une réalité sociale qui s’accentue. Souvent invisibles, les jeunes figurent pourtant parmi les premiers concernés.

« Les jeunes font partie des deux catégories de personnes les plus touchées par la précarité, ce sont les jeunes et les femmes qui sont souvent des familles monoparentales », rappelle Marie Revet, conseillère technique Rénovation de l'habitat.

Un phénomène en expansion

De plus en plus présent dans le débat public, le sujet mobilise institutions et structures sociales. La Maison Départementale de l’Habitat, en partenariat avec la Mission Locale, mène des actions de sensibilisation et d’accompagnement auprès des publics jeunes : ateliers, diagnostics, aide aux démarches, conseils en consommation énergétique.

Avec un constat criant des hausses des factures d'électricité, impossibilité de se chauffer correctement, ou encore de trouver un nouveau logement lorsque l’étiquette énergétique est mauvaise.

Comprendre la précarité énergétique

La hausse des prix de l’énergie combinée à des revenus faibles conduit beaucoup de jeunes à réduire drastiquement leur consommation. Pour certains, il s’agit de choisir entre chauffage et alimentation.

« Ce n'est pas l’étiquette énergétique qui prime pour eux, mais derrière, il faut qu'ils fassent un choix, se nourrir et se chauffer », souligne Marie Revet.

« On n'a plus le droit de louer des logements classés G, ni d'augmenter le loyer sur des logements en F. » Marie Revet

En effet, les DPE (diagnostics de performance énergétique) permettent de déterminer des réglementations qui visent à protéger les locataires. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être mis en location. Ceux classés en F le seront à partir de 2028. Pour l'heure, les loyers de ces deux types de logements, considérés comme "passoires thermiques", ne peuvent faire l'objet d'une augmentation du loyer.

La Haute-Loire confrontée aux passoires thermiques 

Malgré cela, les situations de détresse se multiplient. « Ce n’est pas une situation nouvelle, mais elle prend de l’ampleur chaque année. Et avec la hausse du coût de l’énergie, elle va encore empirer », constate Marie Revet. En Auvergne-Rhône-Alpes, 21 % des logements sont des passoires thermiques, quand la Haute-Loire en comptabilise 37 %.
 

« On a des jeunes qui sont en emploi et qui n’arrivent pas à s'en sortir. » Marie-Laure Souvignet-Joaquim

Face à l’urgence, la Mission locale accompagne des profils de jeunes très variés, de celui sans qualification ni travail à celui qui a connu des accidents de la vie ou ceux qui n’osent pas demander d’aide, ainsi que ceux qui travaillent et, pourtant, peinent à joindre les deux bouts.

Des gestes qui font la différence

Lors d’une rencontre organisée le vendredi 21 novembre dernier par la Mission Locale, une dizaine de jeunes ont assisté à différents ateliers pour les informer sur :

- les Diagnostics de Performance Énergétique (DPE), pour les comprendre et les interpréter avec les réglementations associées.

- une balade thermographique autour de la mission locale a ensuite permis d’observer, grâce à une caméra thermique, les principales déperditions d’énergie des bâtiments.

- des différentes applications pour suivre leur consommation énergétique, ainsi que des comparateurs d’offres pour le gaz et l’électricité.

- des informations sur le chèque énergie afin de rappeler son utilité et ses modalités.

- des astuces à intégrer à leur quotidien comme le suivi de leur consommation, des écogestes en évitant de surchauffer.

Pour conclure, des kits d’écogestes ont été distribués, comprenant des ampoules basse consommation, du matériel pour refaire les joints de fenêtres, des multiprises avec interrupteur, des mousseurs de robinet, un thermomètre d’intérieur ou encore un sablier de douche, des astuces pour permettre à chacun d'adapter sa consommation.

"Tous n’ont pas la chance d'avoir des parents aidant"

L’ADIL accompagne également les jeunes pour les questions juridiques, souvent confrontés à des démarches complexes : « on est sur des questions qui, pour un adulte, paraissent communes, mais pour les jeunes ce n'est pas forcément évident. Tous n’ont pas la chance d'avoir des parents aidants », explique Marie-Laure Souvignet-Joaquim, conseillère sociale et familiale à la Mission locale.

Selon les situations, et comme l’indique Marie-Laure, les conseillers peuvent « solliciter des aides financières auprès de différents organismes pour essayer de réguler la situation, en fonction de la situation. » Pour mettre en place des échéanciers ou des dossiers de surendettement.

Un enjeu majeur pour les années à venir

L’accès à l’autonomie des 18-30 ans reste un enjeu complexe, marqué par des difficultés sociales, économiques et environnementales persistantes. La précarité énergétique n’est pas un phénomène nouveau et continue de fragiliser de nombreux jeunes. Bien que des dispositifs d’accompagnement existent, ils mériteraient d’être davantage connus.

 

illustration Photo par pixabay

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5 commentaires

lun 22/12/2025 - 14:15

Faut-il aussi que l’école leur apprenne qu’on peut se doucher en 5 mn, ne pas surchauffer, cuisiner au lieu d’acheter transformé, en un mot « économiser » ? A 10 ans, je savais cela… comment m’habiller quand les maisons étaient peu chauffées, économiser l’eau, l’électricité, tout et on était heureux. Je ne trouve pas normal que ceux qui savent se gérer doivent payer pour offrir à ceux qui ne le savent pas des « kits d’écogestes , des ampoules basse consommation, des thermomètres d’intérieur et des sabliers de douche» et le salaire d’un personnel social pour leur expliquer. Avec un SMIC, non seulement on peut joindre les 2 bouts, mais on peut économiser, se payer peu de vacances et de restaurants mais se payer une maison modeste et être heureux

dim 21/12/2025 - 20:55

Alors serrons la vis aux jeunes et aux précaires pendant que les autres se gavent.

sam 20/12/2025 - 21:03

L'augmentation du prix de l'énergie et la précarité énergétique était, je crois, nécessaire pour que chacun comprenne que dès qu'on appuie sur un interrupteur ça impacte notre portefeuille et ça impacte la planète. Je me réjouis de voir moins de maisons illuminant jusqu'à la Lune avec leurs féeries de Noël, je me réjouis de voir les secrétaires en pull et en pantalon dans ma banque au mois de décembre alors qu'on leur avait donné l'habitude du tailleur-chemisier-escarpins + radiateur à fond. Finalement, il faut voir le positif dans la situation : les gens ne prennent conscience de leur bêtise que quand on serre la vis.

sam 20/12/2025 - 18:40

Rien avoir avec la transition énergétique,  il faut savoir quand Europe le prix du marché est fixé sur le moyen de production le plus coûteux donc le gaz comme en Allemagne, le prix le moins chère étant le nucléaire comme la France et les éolienne et le photovaltique est subventionné car peut rentable

sam 20/12/2025 - 09:45

Ceci est une des conséquences de la politique énergétique de la France qui refuse toujours la transition énergétique. Un pays qui se fout royalement de sa jeunesse.

Je renseigne ma commune de préférence :

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