Une pluie de panneaux pour la mobilisation du 17 octobre, au Puy-en-Velay

Par Nicolas DEFAY , Mise à jour le 17/10/2026 à 16:00

Temps de lecture : 4 minutes

Malgré les averses qui ont rythmé la marche du 17 octobre, plus de 1 000 personnes se sont retrouvées dans la ville-préfecture avec le même objectif : dénoncer l’état actuel du pays et se faire entendre par le gouvernement. Des jeunes lycéens présents jusqu’à Justine et ses 86 ans, la colère et l’espoir vibraient au diapason.

Galerie photos en fin d'article 

Annoncée comme un flop sur certains réseaux sociaux, la manifestation non déclarée du samedi 17 octobre, en cité ponote, a prouvé le contraire. En dépit d’une météo très humide, les participants ont, par centaines, rejoint la place Cadelade à 10h30.

Sans aucun tracé prédéfini à l’avance, le dense cortège a remonté le Breuil jusqu’à l’angle du boulevard Saint-Louis et de la rue Pannessac. Le millier de personnes s’est ensuite engouffré dans la rue Chaussade et la rue de la Chèvrerie pour rejoindre de nouveau la place Cadelade, quittée une heure avant.

Ce qui a marqué essentiellement la mobilisation est le nombre de panneaux en carton brandis au-dessus de la foule. À l’inverse, très peu de banderoles et de drapeaux de syndicats ont flotté dans l’atmosphère grise du moment, respectant ainsi la volonté du « sans étiquette ».

« Ma sœur de 90 ans vit avec moi. Et mon fils s’occupe de nous »

Parmi les manifestants, des jeunes et des moins jeunes, des lycéens et des travailleurs, des actifs et des retraités. Justine, du haut de ses 86 printemps, gilet jaune sur le dos, partage en ce sens sa colère au micro de Zoomdici. « Je suis là car j’ai pas beaucoup de retraite. Ma sœur de 90 ans vit avec moi. Et mon fils s’occupe de nous ».

Elle poursuit : « Mon fils devrait être déclaré comme aidant familial. Et pourtant son dossier n’est pas accepté. On ne sait pas pourquoi. »

Pour elle, il faut que les gens se battent "pour faire bouger les choses." « Il faut se rassembler. Les gens sont ici, c’est vrai, sans leur gilet jaune. Mais l’esprit est assurément là ». Justine, 86 ans

Justine a fait le déplacement pour mêler sa voix à toutes les autres.
Justine a fait le déplacement pour mêler sa voix à toutes les autres. Photo par Nicolas Defay

« Il n’est pas exagéré de dire que ce procédé détruit des avenirs »

Du côté des jeunes, Vincent et Camille, scolarisés au lycée Simone Weil, se confient ainsi : « Au lycée, il y a de gros problèmes d’emploi du temps où nous passons parfois 12 heures assis sur une chaise ».

Ils ajoutent : « Concernant Parcoursup, il n’est pas exagéré de dire que ce procédé détruit des avenirs. Parcoursup est un algorithme qui décide à notre place sans prendre en compte les notes que nous avons obtenues. Il est nécessaire qu’il disparaisse totalement ».

Vincent et Camille soulèvent aussi la question des violences récentes dans le contexte des mobilisations en France. « Nous avons organisé des blocus pacifiques et les médias n’en parlent pas. Ils préfèrent montrer le chaos et les dégâts. Mais il y a une vraie différence entre les casseurs qui font n'importe quoi et la grande majorité d’entre nous qui veut simplement faire entendre pacifiquement sa voix ».

« Nous sommes pas mal diabolisés, en ce moment. Pourtant, on est loin d’être violents. Ce sont les casseurs, des gens extérieurs, qui viennent tout détruire. Malgré tout, il est vrai que marcher seulement dans les rues ne fonctionne malheureusement pas pour se faire entendre ». Gaël et Eliott, scolarisés au lycée Simone Weil

« Nous sommes clairement à l’agonie, que ce soit nous ou les ambulanciers »

Zoomdici a rencontré Sébastien, taximan au Puy-en-Velay. Une profession frappée de plein fouet par l’inflation du carburant. « Nous sommes clairement à l’agonie, que ce soit nous ou les ambulanciers, déplore-t-il. Nous prenons 400 euros de plus par mois de charge à cause du prix à la pompe et personne ne bouge ! »

« Il y a de moins en moins d’avenir pour nous. Avant le Covid, nous gagnions notre vie. C’est terminé tout ça, à présent. Pour les jeunes qui se montent aujourd’hui en taxi, ça va être très très compliqué ». Sébastien, taximan ponot

À la question de savoir s’il garde espoir que le gouvernement entende la colère populaire, Sébastien réagit ainsi : « Ils n’entendent rien du tout ! C’est désolant de dire ça, mais tant qu’il n’y a pas de casse, rien ne change ».

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