Ces sorties nature révèlent un trésor caché des Gorges de la Loire
Une prestigieuse exposition a posé ses valises au musée Crozatier : « L’excellence à la française, 50 ans de création au Mobilier national ». Ouverte au public depuis le 6 juin, elle met à l’honneur le savoir-faire et l’innovation française, à travers meubles, tapisseries, mais également céramiques et dentelles.
Pour la première fois, le musée Crozatier a rassemblé plusieurs œuvres du Mobilier national, inspirées d'artistes tels que Sonia Delaunay, Paco Rabanne ou encore Jean-Michel Othoniel. L’exposition est présentée du 6 juin 2026 au 3 janvier 2027 au musée Crozatier.
C’est un établissement public rattaché au ministère de la Culture, qui a pour mission première de meubler les lieux de pouvoir (Elysée, ministères, ambassades), de conserver les collections historiques (restauration, entretien des objets d’art du XVIIème siècle à aujourd’hui), et de soutenir la création moderne et le design français.
Créé par Louis XIV et Colbert pour limiter les importations de luxe, et donc en produire, il a par la suite emprunté bien des noms. Il s’est associé à plusieurs manufactures spécialisées : site historique des Gobelins à Paris pour la tapisserie, Manufacture de la Savonnerie, de Sèvres..., dont certaines constituent les Manufactures nationales.
La qualité des objets exposés justifiait bien l’inauguration en grande pompe qui s’est déroulée au musée la veille de l’ouverture officielle de l'exposition au grand public.
Les 80 œuvres exposées sont des œuvres rares, pour la plupart destinées à meubler ou décorer le palais de l’Elysée, les ministères, ou encore les ambassades de France. Discrètes, mais d’une infinie délicatesse, elles ont ce quelque chose en plus qui définit le luxe à la française.
Tout se cache dans les détails. Le visiteur alterne entre l’infiniment petit (un nuage, une carte, un animal en dentelle…) et la monumentalité de certaines œuvres. Par exemple, une tapisserie immense de la route des vacances de la nationale 7.
En déambulant dans ces six salles thématiques, les mots des uns et des autres prennent alors tout leur sens : « faire rayonner le savoir-faire français », « une source d’émerveillement pour chacun », « artisanat d’art qui a sa place dans l’univers contemporain », « la dentelle reprend un petit coup de jeune », « un savoir séculaire qui entre dans la modernité », « la transmission d’un patrimoine qui fait notre identité », ou encore « l’art comme une ambition à poursuivre et pas seulement un héritage à préserver ».
« Ce projet culturel d’envergure », comme le nomme Michel Chapuis, maire du Puy-en-Velay, s’adresse à tous les publics. Tous les objets racontent une histoire. Certains objets, comme un secrétaire, ont été d’abord « aliénés » (c’est-à-dire sortie des collections nationales), puis confiés à des artistes de renoms pour les détourner de leur usage premier. Une manière de faire un pas de côté, dans ce que nous renvoie l’art.
Difficile de croire que la dentelle à la main avait failli disparaître dans les années 70… L’exposition d’aujourd’hui s’inscrit dans le cadre des 50 ans des ateliers-conservatoires nationaux de la dentelle d’Alençon et du Puy, qui rayonnent au niveau national et international.
Le visiteur ne peut manquer de remarquer également l’intervention de la maison locale Thévenon, dont les tissus (rideaux et mobiliers) pourraient directement intégrer la collection du Mobilier National.