Les '''gilets jaunes''' du Velay préparent les blocages du 17 novembre

, Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

Lors d’une première réunion, une semaine auparavant, ils n’étaient qu’une poignée. Ce samedi 10 novembre 2018 dans la matinée, ce sont près d’une soixantaine de personnes qui se sont retrouvées sur le parking d’Aiguilhe, affublés de leurs dossards de sécurité routière. Les « gilets jaunes » du bassin ponot s’organisent en vue de la mobilisation citoyenne du 17 novembre prochain contre la hausse du prix des carburants.
L’appel à manifester initial a été lancé sur les réseaux sociaux début octobre par deux chauffeurs routiers de Seine-et-Marne. Depuis, des déclinaisons locales de l’événement ont vu le jour dans de nombreux départements. « Quand je me suis rendu compte qu’il n’y avait encore rien de prévu en Haute-Loire, on a décidé de se lancer avec une amie » explique Sandra, jeune mère au foyer vivant à Retournac. Grâce à Facebook, elle entre en contact avec d’autres personnes désireuses de s’investir. Un petit groupe se forme alors et commence à organiser des distributions de flyers et des réunions pour mobiliser et préparer le blocage des routes du 17 novembre. Unifier le mouvement Devant les personnes rassemblées sur le parking d’Aiguilhe, Cyril Tempere, ouvrier au Puy-en-Velay et orateur improvisé, formule les premières recommandations : « Le bruit court que des personnes comptent organiser des petits blocages chacun de leur côté. Je déconseille à tout le monde de procéder comme ça, sinon on ne va pas donner une image unie et nous serons facilement dégagés. Au contraire, il faut se regrouper. Les indécis nous rejoindront plus facilement s’ils voient que l’on est soudés. » Pas question cependant de donner la moindre couleur politique au mouvement : aucun parti n’était d’ailleurs représenté. Au contraire, les organisateurs veulent garder les contours d’une mobilisation citoyenne, ouverte à tous. « On accepte même les macronistes repentis, tout le monde peut se tromper après tout ! » s’esclaffe quelqu’un dans l’assistance.
----Programme du 17 novembre Les "gilets jaunes" invitent les personnes voulant participer au blocage à se retrouver samedi prochain à 9 heures sur le parking du Super U d'Yssingeaux ou vers 9 h 30 dans la zone industrielle de Blavozy. Les deux groupes se rejoindront ensuite pour décider du lieu où ils installent un blocage sur la RN88, en fonction du nombre de personnes présentes.-----Plus qu’une simple opération escargot, jugée trop peu pénalisante pour le gouvernement, les « maillots jaunes » altiligériens misent sur un blocage, dans les deux sens, de la RN88 entre Blavozy et Brives-Charensac. Seuls les secours, forces de l’ordre et participants à l’opération des Petit Dejs de l'association Trisomie 21 Haute-Loire - qui, hasard du calendrier, a lieu le même jour- seront autorisés à passer. Un rendez-vous est fixé dans la matinée (cf encadré) du 17 novembre. L’objectif : faire durer l’opération le plus longtemps possible, une semaine entière au besoin. Sous réserve cependant que la mobilisation ne faiblisse pas et à condition que les bloqueurs parviennent à se relayer durant tout ce temps.
Le risque de débordements Aucune demande d’autorisation n’a pour l’heure été transmise à la préfecture. Les organisateurs hésitent encore à le faire : « Nous ne voulons pas être tenus responsables de blocages qu’on ne mène pas, au cas où d’autres personnes en organiseraient de leur côté », explique Cyril Tempere. La crainte subsiste en effet que d’éventuels casseurs profitent de l’occasion : « S’il y en a parmi nous, nous prendrons la responsabilité de donner leur nom à la police », mettent en garde les organisateurs. Afin de mieux maîtriser le déroulement de l’opération, ils envisagent de se concentrer sur différents points stratégiques, comme les giratoires.
La hausse des carburants demeure le motif de la mobilisation qui s’annonce : « Quand on fait le plein, on ne regarde plus le chiffre qui indique le volume mais celui du prix », s’agace Nicolas Guillot. Mais, à l’image des autres participants de la réunion, le jeune Blavozien, technicien automobile de profession, manifeste un mécontentement plus large vis-à-vis de la politique gouvernementale : « Il y a plein de choses qui se greffent à l’augmentation du prix de l’essence, comme la hausse de la CSG, qui font baisser notre pouvoir d’achat. » E.R.

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