Deux avant-premières et les sorties de la semaine au Ciné Dyke du Puy
L'été 2026 a été marqué par plusieurs canicules et les bois du département sont très secs. Est-ce que cette situation météorologique a un impact sur la pousse des champignons ? A quoi doit-on s'attendre cet automne ?
Pour que poussent les champignons, il faut... de l'eau ! Et cette année, le ciel en est plutôt avare. Quelques orages ou quelques pluies ont ici et là arrosés les massifs, mais de manière très localisé.
Certaines espèces de champignons semblent plus ou moins impactées par la chaleur et le manque d'eau. Mycologue aguerri ou simple cueilleur du dimanche, tous vous le diront, il n'y a pas (encore ?) eu de grosses pousses de cèpes cette année. Et le cèpe d'été, qui pousse sous les feuillus, est tout simplement absent.
Seuls les bolets à pied rouge semblent tirer leur épingle du jeu. Alors que tous leurs cousins sont quasiment absents, ils sont plutôt bien présents, ainsi que diverses russules.
Parmi les grands absents de l'été, on retrouve également l'amanite rougissante. Et seuls certains chanceux, tout de suite après un orage, ont pu cueillir quelques girolles. Cette espèce est connue pour très bien supporter le froid, mais aussi pour être très friande en eau. Autant dire que les girolles seront un mets de choix cette année.
Pour Patrick Chapon, président du Groupe Mycologique de la Haute-Loire, "ce n'est pas qu'il n'y a pas de champignons, c'est qu'il y en a moins". Ce pharmacien à la retraite indique que "comme il y a moins d'espèces à identifier, du fait de la sécheresse, nous sommes très attentifs à tout ce que nous trouvons. Ce qui parfois nous révèle de belles surprises, avec des espèces rares".
Certaines espèces de champignons se retrouvaient seulement sur le pourtour méditerranéen. Certaines apparaissent de plus en plus en Haute-Loire, comme l'oronge, ou encore le bolet rouge et jaune. Ces espèces qui aiment la chaleur indiquent bien ce réchauffement global de nos forêts, alors que les champignons "montagnards" brillent par leur absence.
Saviez-vous qu'il y a de la vitamine D dans les champignons ? Avec le soleil qu'il a fait cette année, les rares spécimens comestibles trouvés dans les bois doivent en regorger !
Le climat a bien sûr un impact sur les arbres et donc sur les champignons. Le champignon tel qu'on le voit dans les bois est le "fruit" de filaments qui forment le mycélium. Pour les espèces telles que les cèpes ou les girolles, celui-ci est en étroite association avec les arbres qui les entourent. Les deux ne peuvent vivre l'un sans l'autre. L'arbre amène au champignon des lipides et des glucides issus de la photosynthèse. Quant au champignon, il lui "renvoie l'ascenseur" en lui fournissant eau et nutriments.
C'est grâce à ce réseau champignonesque que les arbres peuvent aussi résister à la sécheresse. Mais sans eau supplémentaire, le champignon reste bien à l'abri sous forme de filaments. "On peut s'attendre à ce que les sapins soient de moins en moins nombreux, et petit à petit seront remplacés par des espèces plus adaptées à la chaleur" complète Patrick Chapon.
La balade dans les bois est toujours belle, même si l'on revient... bredouille ! Et si les enfants sont vraiment trop déçus, vous pourrez toujours commander un blobe (ou fleur de tan), cette espèce unicellulaire jaune, ni végétal, ni animal, ni fongique, qui intrigue beaucoup les scientifiques, mais que vous pouvez nourrir et développer... à la maison !
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