Cette expo gratuite de 30 œuvres transforme la mairie du Puy
Du 1ᵉʳ mai au 30 septembre, la rue des Arts au Puy remet le couvert. Dans cette rue touristique qui fait la jonction entre le haut et le bas de la ville, l’art a trouvé une place de choix où la nouvelle génération de créateur se mêle à ceux installés de longues dates pour 5 mois d’animation.
Encore un été sous le signe de l’art, tout au long des rues Raphaël et Chènebouterie, l’art se cultive sur le palier de la ville, à même le pavé et sous une multitude de formes et de textures. De la broderie au travail du bois, des vitraux à la céramique, les matières et les formes se jouent de la gravité.
Créée il y a dix ans à l’initiative d’Yves Devèze ancien élu de la ville, cette opération vise à relier la ville haute et la ville basse par les rues Raphaël et Chènebouterie. Le projet repose sur des boutiques collectives mises à disposition par la Ville à des conditions avantageuses, où les artisans exposent et vendent leurs créations tout en échangeant directement avec le public.
Dès la première saison, une trentaine d’artisans d’art ont répondu présent pour participer à l’événement : potiers, céramistes, vitraillistes, créateurs textiles, bijoutiers, sculpteurs… Aujourd’hui, ils sont 36 artisans représentés dans les quatre boutiques du centre-ville à proposer des pièces uniques, qui respectent un savoir-faire parfois séculaire avec le souci de sublimer chaque matériau.
Parmi les boutiques permanentes, Benoit Manguin vous accueille dans son « cabinet de curiosités » comme il aime le dire, où ces couteaux trônent fièrement dans des vitrines. Ce passionné connaît toutes les lames sur le bout des doigts : matériaux, utilisations et conseils d'entretien pour chacun des modèles.
Après avoir passé plusieurs années place du Marché Couvert, c’est suite à la participation de la Rue des Arts qu’il confirme son envie de s’installer sur la rue Raphaël. Avec l’expérience, Benoit explique que grâce à la Rue des Arts « la rue reste quand même plus engageante », souligne-t-il, même si beaucoup font demi-tour au niveau de sa boutique. « La partie haute de la rue, ce n’est pas la plus sexy, tu travailles surtout pendant l'été », ajoute-t-il.
À quelques pas de là, au n°2 de la rue Raphaël, la boutique réunit des artisans qui participent pour la première fois à l’événement. Cette année ils sont au nombre de 7, tous avec des savoir-faire divers et variés. Parmi eux, Chrystelle Cornut est créatrice de bijoux et d’objets de création réalisés avec de la vaisselle recyclée et Gaëlle Giordano, elle, travaille le cuir.
Toutes deux en reconversion professionnelle, elles ont entrepris ce changement dans une période de leur vie après des années de salariat. C’est la chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) qui les a accompagnées et leur a soufflé l’idée de participer à la Rue des arts.
Pour Gaëlle Giordano, elle explique « avoir l’impression d’avoir fait le tour du bocal » de son ancien travail et, suite à un bilan de compétences, elle s’oriente naturellement vers le travail du cuir comme une évidence. C’est ainsi qu’en août 2024, elle intègre une formation en sellerie-harnachement où elle découvre l’art de travailler le cuir au service des cavaliers et de leurs montures. Une formation complète et exigeante qui oblige ces apprentis « à connaître toutes les étapes » de création ou de restauration.
À la reprise de son travail, elle ne trouve plus sa place au sein de l’entreprise et décide de se lancer à son compte. L'aventure de Fleur de Cuir débute alors, il y a 6 mois.
Soucieuse de faire perdurer le savoir-faire artisanal, elle met un point d’honneur à utiliser des produits nobles avec du cuir européen au tannage végétal. Toujours en quête de savoir, en plus des accessoires d'équitation, elle propose également des objets en cuir comme des colliers canins, des sacs, des ceintures...
Pour Chrystelle, après plusieurs expériences professionnelles et des soucis de santé, la reconversion s’est imposée à elle. Déjà attirée par les créations manuelles, c’est au cours d’une visite dans un marché des créateurs que le déclic se fait et la machine est alors lancée.
« Si vous avez un projet, on va essayer de le concrétiser », lui explique sa conseillère Cap Emploi.
Progressivement, Chrystelle s’est attelée à tout mettre en place et débute officiellement l'aventure de La Fabrik de la biche entrepreneuriale en septembre 2025. Une réalité prenante, « créer, ça prend du temps. Mais tout ce qu’il y a autour aussi : les réseaux sociaux, le site internet, les rendez-vous, la logistique… »
De vaisselle ancienne, elle crée des bijoux et redonne vie à ces objets. La créatrice observe déjà des premiers résultats encourageants « Noël a bien fonctionné» souligne-t-elle.
« La mairie nous donne les clés du local et après c'est à nous, entre nous sept, de nous débrouiller... » Chrystelle
La mairie met à disposition les locaux, en contre-partie « on paye un loyer à la mairie, ils prennent en charge les charges comme l’électricité, et nous, on fait tourner la boutique. On assure les permanences, on gère la comptabilité… » explique Chrystelle.
Pour les artisans, en plus d'être une vitrine de leur travail, ce sont aussi des rencontres et du partage. Gaëlle explique être impressionnée par le travail de Sergey Grigoriev, vitrailliste qui manipule avec talent cette fragile matière, tout comme Chrystelle qui redonne vie à de vieux objets.
« La mairie nous donne les clés du local et après c'est à nous, entre nous sept, de nous débrouiller, à savoir qui prend quel emplacement, comment la boutique va fonctionner, le nombre de jours qu'elle va être ouverte. » indique Chrystelle
Une fois la répartition des places dans chacune des boutiques, « il a fallu tout imaginer », explique Gaëlle. Il leur a fallu une semaine pour tout penser et installer, organiser le planning des permanences en fonction des disponibilités de chacun. Pour Gaëlle qui travaille seule dans son atelier depuis 6 mois, c’est un plaisir de pouvoir partager la boutique avec des personnes aussi passionnées qu’elle.
« Il a fallu tout imaginer », explique Gaëlle
Pour chacun, c’est l’opportunité de se faire connaître et d’être visible. « J'ai la sensation de semer des opportunités », explique Gaëlle, pour Chrystelle « c'est super motivant » avant d'ajouter « c’est aussi un défi de travailler avec des personnes qu’on ne connaissait pas. On apprend plein de choses. »
Pour les boutiques situées au 13 et 19, elles sont ouvertes toute l’année. Tandis que les boutiques des 2 et 30 de la rue Raphaël, elles, sont ouvertes durant la saison estivale :
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