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C’est équipée de son marteau pneumatique et de ses équipements de protection que Zoomdici a retrouvé Aurélie Dabrigeon, tailleuse de pierre, dans l’atelier de la société Christian Badiou à Blavozy.
Retour sur une rencontre inspirante à l'occasion de la journée des droits des femmes.
Mariée et mère de deux enfants, cette passionnée de 38 ans travaille la pierre depuis vingt ans pour la transformer en pièces pour divers projets décoratifs et de rénovation.
L’histoire d’Aurélie avec la pierre commence bien avant son entrée dans la vie professionnelle. Très jeune, elle se passionne pour le patrimoine, l’architecture et l’histoire de l’art. C’est vers l’âge de 16 ans que la taille de pierre se révélera à elle comme une évidence. Ce savoir-faire ancestral ne la quittera plus.
Pour se former, elle choisit la voie professionnelle. Elle obtient un CAP tailleur de pierre puis poursuit avec un brevet professionnel à Volvic, dans le Puy-de-Dôme, territoire réputé pour sa roche volcanique. Elle réalise son alternance au sein de la société altiligérienne Christian Badiou, spécialiste du granit et de l’arkose. Au terme de son apprentissage elle intègre l'entreprise, et 20 ans après elle y est encore.
"J’irai jusqu’à ce que je ne puisse plus le faire, j’aime trop ça."
La taille de pierre est un métier physique. Les journées se déroulent souvent dans le bruit des outils et la poussière. "C’est un travail dur pour le dos et les poumons", reconnaît Aurélie. Les équipements de protection sont donc indispensables : masque, lunettes et protections auditives accompagnent chaque journée de travail à l’atelier. Sa passion pour la taille de pierre reste toutefois intacte et la pousse à poursuivre son métier avec la même énergie. "J’irai jusqu’à ce que je ne puisse plus le faire, j’aime trop ça."
Encourager les jeunes
Forte de sa solide expérience, elle souhaite aujourd’hui encourager les jeunes, en particulier les jeunes femmes, trop peu présentes dans ce secteur, à découvrir ce métier. Elle insiste sur la nécessité de la formation par l’apprentissage, où observation et pratique se mêlent.
Elle déplore cependant le manque de formations professionnelles, ainsi que les problématiques législatives auxquelles sont confrontées les entreprises du secteur. "Il faut trouver des jeunes qui ont envie et encourager les entreprises à prendre davantage d’apprentis", estime-t-elle.
"On a la chance de vivre dans un département avec un grand patrimoine."
Un savoir-faire au secours du patrimoine historique
Aurélie incarne une profession encore trop peu démocratisée, pourtant essentielle, notamment à la préservation du patrimoine historique. Elle mentionne fièrement la rénovation du dôme angélique de la cathédrale du Puy-en-Velay, achevée en juillet 2025, à laquelle elle a pu participer. "C’est magique de suivre la pierre de son extraction jusqu’au projet final."
Après deux décennies passées à travailler la pierre, Aurélie regarde son métier avec la même fascination qu’à ses débuts. Si la taille de pierre est un domaine exigeant, elle offre aussi la satisfaction rare de laisser une trace à jamais gravée dans la roche. Même si elle est encore loin de raccrocher les crampons, Aurélie porte en elle une claire volonté de faire perdurer ce savoir-faire, afin que d’autres mains puissent apporter leur pierre à l’édifice.
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